Allisun et Pierre Tutard sont tous deux graphistes. Allisun est illustratrice, Pierre est plasticien.

Allisun puise son inspiration dans le quotidien. Avec amusement, elle illustre son quotidien à travers des personnages fictifs. Quant à Pierre, il aime travailler la matière, l’espace, le rapport entre l’œuvre et le spectateur. Pour Première Matière ils s’associent et proposent une installation nostalgique et florale.

 « Douceur, nostalgie, vielle armoire, maison de campagne, nature, maternel. »

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Comment avez-vous appréhendé ce projet ?

Nous avons abordé le projet avec beaucoup d’enthousiasme, et surtout de curiosité ! Les idées ont fusé !

 Comment avez-vous travaillé ensemble ? Cela était-il compliqué ?

A : Depuis le départ nous nous sommes laissés porter par nos idées, spontanément, sans trop de contrôle sur la direction que cela commençait à prendre. Nous découvrions le projet en même temps qu’il prenait forme, constamment surpris et contents. Travailler ensemble était naturel.

P.T. : Nous avons rapidement trouvé des idées et une ligne à suivre, le plus difficile était d’organiser nos agendas respectifs pour pouvoir travailler ensemble… c’est dire !

Comment avez-vous procédé pour sentir les odeurs ?

Une première fois isolés, au calme. On s’est passé les échantillons à tour de rôle et à chaque inspiration venait un mot, une image. Nous avons répété l’exercice dans différents contextes et à plusieurs jours d’intervalle jusqu’à ce qu’une piste se dégage de manière plus évidente.

Avez-vous fait sentir les petites fioles à des proches ?

Nous les avons fait sentir a des inconnus lors d’un café en terrasse. Leurs impressions étaient très éloignées des nôtres, c’était drôle et enrichissant. Plus tard, trop tourmentés par une odeur que nous n’arrivions pas à identifier nous l’avons fait sentir à un fleuriste.

Pourquoi avez-vous choisi cette odeur plutôt que l’autre ?

Selon les images et les inspirations qui nous venaient. L’une nous inspirait un univers trop froid et aseptisé qui ne nous correspondait pas. Nous avons donc instinctivement choisi l’autre !

Quels mots/sensations vous semblent lui correspondre  ?

Douceur, nostalgie, vielle armoire, maison de campagne, nature, maternel.

Avez-vous une idée de la matière première que vous avez choisie, ou de sa famille ? Pensez-vous qu’elle soit naturelle ou synthétique ?

Florale, naturelle certainement.

Si vous deviez décrire le végétal qui la sécrète, comment serait-il ?

A : J’en imagine plusieurs, comme un ensemble ; une composition florale que l’on trouve dans les natures mortes.

P.T. : Ce serait une fleur avec beaucoup de pétales, une longue tige, violette ou jaune. Elle pousserait à proximité d’une forêt ou au beau milieu d’une jachère.

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Portez-vous du parfum ?

A : Sikkim Girls, un petit parfum solide Lush.

P.T. : Oui, La Nuit de l’homme.

Quelles sont les odeurs qui vous plaisent ? Vous déplaisent ?

A : J’adore l’odeur de mon cochon d’inde, Kiki, elle sent un mélange de foin frais et de thé vert. Je n’aime pas l’odeur de marée basse.

P.T. : J’aime : l’odeur des aliments cuisant au four, l’herbe fraichement coupée, les senteurs d’une forêt, l’arôme d’un bon café, l’air de la campagne, la fumée d’une bougie juste éteinte, la fraise. J’aime pas : l’odeur des hôpitaux, l’essence, la sueur.