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Alex vit et travaille à Rennes.

Diplômé d’un master en design graphique, il débute en 2011 une activité d’artiste plasticien.

Il a exposé en France et en Belgique où il est actuellement en résidence.

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Tout juste diplômée des Arts Décoratifs de Paris, Laura exerce en tant que designer graphique freelance depuis 2015, principalement dans le domaine culturel. Sa pratique est éclectique et ouverte, ses intérêts allant de l’édition imprimée classique à l’interface mobile, de l’art contemporain à la pédagogie.

Ils travaillent pour la première ensemble autour du projet Zone.

« On a pas tant représenté le parfum en lui même que le trajet qu’il pouvait effectuer du nez jusqu’au cerveau. »

Comment avez-vous travaillé ensemble ?

L.Q. : On a mis les premiers mots et images qui nous venaient sur papier et on a tenté de dégager des ambiances. Nos premières impressions n’étaient pas du tout les mêmes. Pour ma part, j’étais partie sur un truc asiatisant, une estampe, un paysage vaporeux. Alex pensait à quelque chose d’industriel comme du solvant.

A.M. : Oui, ça me rappelait des produits de type dégrippant de bagnole, dissolvant. Au début, c’était très personnel. Et au final, des idées communes se sont dégagées.

L.Q. : Malgré tout, on distinguait trois temps. Nous avons beaucoup échangé avant de commencer le visuel. Dans nos discussions, on a souvent fait référence à des films pour décrire ce qu’on ressentait.

A.M. : J’ai notamment mentionné Blade Runner, l’univers des films de SF…

L.Q. : Il y a un moment où j’ai pensé au design scandinave des années 60-70, et puis j’ai fini par avoir des images de ville asiatique la nuit, des lumières des enseignes à Tokyo…

A.M. : Et étonnement, on s’est mis d’accord. J’étais sur du synthétique, Laura sur quelque chose de naturel, et on a fini par se retrouver : notamment grâce à cette idée du design années 1970 etc. Les images ont finis par se recouper et par devenir similaires.

L.Q. : Le côté « pop » de l’odeur, un peu bonbon, m’a fait effectivement fait rejoindre une piste plus synthétique. Alex, était partie de l’industriel pour y parvenir, et nous nous sommes rejoints malgré tout.

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Comment avez-vous conçu le visuel ?

A.M. : On est très vite partie sur de l’animé. Nous avons travaillé sur le laps de temps inspiration/expiration, à même la fiole. Cela permettait d’exploiter le mouvement. L’imaginaire qu’on peut avoir en tête en respirant une odeur aussi affirmée.

L.Q. : Notre visuel, c’est un instant I, c’est le moment le plus intéressant que nous pouvions montrer dans une image fixe. Mais il y a trois temps qui se chevauchent plus ou moins ; le visuel est l’acmé de l’expérience. On ne pouvait pas exploiter la question du temps comme l’on fait Ben et Désirée [ndlr : Chromatogramme n°1 de Désirée Thévenin et Benjamin Rossi]. Donc, on s’est dit que la façon la plus pertinente de le faire dans notre cas, c’était de l’animer. On l’a pensé en se disant qu’il n’allait pas être figé.

Naturelle ou synthétique ?

A.M. : Nous ne sommes pas forcément d’accord. Moi je la vois comme une sorte de chimie physiologique. Mais on a pas tant représenté le parfum en lui même que le trajet qu’il pouvait effectuer du nez jusqu’au cerveau. On parle surtout de l’effet qu’elle peut avoir sur nous en tant qu’expérimentateur de cette odeur-là. Moi je pense à de l’orange synthétique.

L.Q. : Oui, on a vraiment joué le jeu de la synesthésie, avec tout ce que ça peut impliquer de subjectif. Dans tous les cas, on étaient sûrs que c’était de l’agrume. Après on a penché pour du pamplemousse. Mais savoir si c’est de l’agrume synthétique ou naturel, ça…